Le module, une moyenne de long terme
Le débit s’exprime en mètres cubes par seconde : 1 m³/s, c’est 1 000 litres qui passent chaque seconde devant la station. Le chiffre affiché en tête de chaque fiche est le module, une moyenne de long terme. L’atlas le calcule à partir des débits moyens mensuels publiés par Hub’Eau : pour chaque mois du calendrier, la moyenne de toutes les années disponibles, puis la moyenne de ces douze valeurs. Les mesures marquées « douteuses » sont écartées.
Les séries sont longues : la station médiane de l’atlas compte 44 années civiles complètes, la plus courte 20, la plus longue 126 (la Loire à Montjean-sur-Loire, 1900–2025). Un module ne dit donc rien du débit d’aujourd’hui : il résume des décennies.
Où se trouve la station
La station de référence est la station Hub’Eau exploitable la plus proche de l’embouchure, à moins de 500 m du cours principal et sur un cours d’eau de même nom. Pour la moitié des cours d’eau de l’atlas, elle est à moins de 31,5 km de l’embouchure (ou de la sortie de France pour ceux qui quittent le territoire), et pour 20 d’entre eux, dans le dernier dixième du parcours.
Pour d’autres, la station est loin en amont, et le module ignore l’eau des affluents qui arrivent après elle. Le tableau classe les cours d’eau selon la part de leur longueur située après la station.
| Cours d’eau | Part du cours après la station | Station | Distance restante |
|---|---|---|---|
| la Sienne | 77 % | À Sainte-Cécile | 72,7 km jusqu’à l’embouchure |
| le Falleron | 67 % | À Saint-Étienne-de-Mer-Morte | 36,2 km jusqu’à l’embouchure |
| la Vie | 60 % | À la Chapelle-Palluau | 36,9 km jusqu’à l’embouchure |
| l’Orne | 54 % | À Rabodanges | 92 km jusqu’à l’embouchure |
| l’Yser | 52 % | À Roesbrugge, en Belgique | 37,1 km jusqu’à la fin du tracé |
| la Seine | 48 % | À Alfortville | 376 km jusqu’à l’embouchure |
| la Rance | 46 % | À Guenroc | 49,3 km jusqu’à l’embouchure |
| la Seudre | 46 % | À Corme-Écluse | 31,1 km jusqu’à l’embouchure |
| la Touques | 46 % | À Saint-Martin-de-la-Lieue | 50,7 km jusqu’à l’embouchure |
| le Jaudy | 45 % | À Mantallot | 22,9 km jusqu’à l’embouchure |
| la Sèvre Niortaise | 44 % | À Niort | 71,1 km jusqu’à l’embouchure |
| l’Indre | 41 % | À Saint-Cyran-du-Jambot | 118 km jusqu’à l’embouchure |
La Seine est l’exemple le plus parlant : sa station, à Alfortville, est à 376 km de l’embouchure. La Marne, l’Oise et l’Eure la rejoignent plus bas. Sur chaque fiche, un encadré signale les affluents qui arrivent après la station de référence.
Des périodes différentes
14 stations de référence sont aujourd’hui fermées : leur série s’arrête à une date ancienne, mais c’est la plus en aval qui remplit les conditions. Voici les huit séries qui s’arrêtent le plus tôt.
| Cours d’eau | Années retenues | Station |
|---|---|---|
| le Tarn | 1923–1945 | Aux Barthes |
| l’Agout | 1946–1968 | À Saint-Jean-de-Rives |
| la Garonne | 1914–1987 | Au Mas-d’Agenais |
| la Sèvre Niortaise | 1969–1989 | À Niort |
| le Cher | 1966–1998 | À Savonnières |
| le Lot | 1973–1999 | À Villeneuve-sur-Lot |
| la Vilaine | 1934–2000 | À Guipry |
| le Tech | 1967–2001 | À Reynès |
Comparer le Tarn, mesuré entre 1923 et 1945, à un cours d’eau mesuré entre 1998 et 2025 revient à comparer deux époques. Les fiches et le comparateur indiquent toujours les années retenues.
Quand l’amont mesure plus que l’aval
En principe, le débit augmente de l’amont vers l’aval, puisque chaque affluent ajoute son eau. Deux cours d’eau de l’atlas font exception. Sur la Durance, des stations situées plus en amont enregistrent un module plus élevé que la station de référence de Meyrargues (29,1 m³/s) : jusqu’à 162 m³/s à Saint-Paul-lès-Durance. Sur l’Aude, la station du viaduc de Moussoulens affiche 46,3 m³/s contre 31,2 m³/s à l’écluse.
La méthode de l’atlas le rappelle : barrages, dérivations et prélèvements peuvent modifier le régime naturel, et les débits sont publiés tels qu’ils sont mesurés, sans correction. Les fiches concernées le signalent.
Lire la courbe des saisons
Sur chaque fiche, le graphique des débits mensuels montre trois choses. La ligne bleue est la médiane de chaque mois. La bande bleu pâle couvre « 8 années sur 10 » : entre le 10e et le 90e centile des débits de ce mois. La ligne pointillée est le module.
Pour la Seine à Alfortville, la médiane de février est de 371 m³/s et celle d’août de 92,9 m³/s. Le plus fort débit mensuel de la série date de février 2018 (860 m³/s), le plus faible d’août 2022 (55,7 m³/s). Un mois qui sort de la bande est un mois inhabituel pour la saison.
Le débit spécifique pour comparer
Pour comparer des cours d’eau de tailles différentes, l’atlas calcule aussi le débit spécifique : le module divisé par la surface du bassin versant en amont de la station, en litres par seconde et par km². Il mesure l’eau que fournit chaque km² et met sur le même plan un torrent de montagne et une rivière de plaine. Il n’est calculé que lorsque Hub’Eau publie la surface du bassin, ce qui exclut 2 stations, dont celle du Rhône à Arles.
Le comparateur affiche le module, la station, sa distance à l’embouchure, les années et le débit spécifique de deux cours d’eau côte à côte. Le guide Longueur et débit montre ce que ces chiffres changent au classement.
Sources
- Hub’Eau, API Hydrométrie (débits moyens mensuels, données de la Plate-forme HYDRO Centrale) — Licence Ouverte Etalab.
- BD TOPAGE® 2025, couche CoursEau (IGN, OFB), diffusion Sandre — Licence Ouverte 2.0.
- Calculs (longueurs, rangs, médianes, rapports) : Atlas des rivières, à partir de ces données. Méthode.