Atlas des rivières

Lire un débit moyen et sa station de mesure

Le débit moyen d’une fiche est le module mesuré à une station précise, et non à l’embouchure. Pour la moitié des cours d’eau de l’atlas, cette station est à moins de 31,5 km de l’embouchure ou de la frontière ; pour la Seine, elle est à 376 km, avant l’arrivée de la Marne et de l’Oise. Lire un débit, c’est d’abord savoir où et sur quelles années il a été mesuré.

Le module, une moyenne de long terme

Le débit s’exprime en mètres cubes par seconde : 1 m³/s, c’est 1 000 litres qui passent chaque seconde devant la station. Le chiffre affiché en tête de chaque fiche est le module, une moyenne de long terme. L’atlas le calcule à partir des débits moyens mensuels publiés par Hub’Eau : pour chaque mois du calendrier, la moyenne de toutes les années disponibles, puis la moyenne de ces douze valeurs. Les mesures marquées « douteuses » sont écartées.

Les séries sont longues : la station médiane de l’atlas compte 44 années civiles complètes, la plus courte 20, la plus longue 126 (la Loire à Montjean-sur-Loire, 1900–2025). Un module ne dit donc rien du débit d’aujourd’hui : il résume des décennies.

Où se trouve la station

La station de référence est la station Hub’Eau exploitable la plus proche de l’embouchure, à moins de 500 m du cours principal et sur un cours d’eau de même nom. Pour la moitié des cours d’eau de l’atlas, elle est à moins de 31,5 km de l’embouchure (ou de la sortie de France pour ceux qui quittent le territoire), et pour 20 d’entre eux, dans le dernier dixième du parcours.

Pour d’autres, la station est loin en amont, et le module ignore l’eau des affluents qui arrivent après elle. Le tableau classe les cours d’eau selon la part de leur longueur située après la station.

la Sienne72,7 km avant l’embouchurele Falleron36,2 km avant l’embouchurela Vie36,9 km avant l’embouchurel’Orne92 km avant l’embouchurel’Yser37,1 km avant la fin du tracé, hors de Francela Seine376 km avant l’embouchurela Rance49,3 km avant l’embouchurela Seudre31,1 km avant l’embouchurela Touques50,7 km avant l’embouchurele Jaudy22,9 km avant l’embouchurela Sèvre Niortaise71,1 km avant l’embouchurel’Indre118 km avant l’embouchure
la Sienne 72,7 km avant l’embouchurele Falleron 36,2 km avant l’embouchurela Vie 36,9 km avant l’embouchurel’Orne 92 km avant l’embouchurel’Yser 37,1 km avant la fin du tracé, hors de Francela Seine 376 km avant l’embouchurela Rance 49,3 km avant l’embouchurela Seudre 31,1 km avant l’embouchurela Touques 50,7 km avant l’embouchurele Jaudy 22,9 km avant l’embouchurela Sèvre Niortaise 71,1 km avant l’embouchurel’Indre 118 km avant l’embouchure
Les douze cours d’eau dont la station de référence est la plus éloignée de la fin du tracé, en proportion de leur longueur. Chaque trait va de la source (cercle blanc) à l’embouchure, ou à la fin du tracé pour l’Yser (point plein) ; le triangle situe la station.
Cours d’eauPart du cours après la stationStationDistance restante
la Sienne77 %À Sainte-Cécile72,7 km jusqu’à l’embouchure
le Falleron67 %À Saint-Étienne-de-Mer-Morte36,2 km jusqu’à l’embouchure
la Vie60 %À la Chapelle-Palluau36,9 km jusqu’à l’embouchure
l’Orne54 %À Rabodanges92 km jusqu’à l’embouchure
l’Yser52 %À Roesbrugge, en Belgique37,1 km jusqu’à la fin du tracé
la Seine48 %À Alfortville376 km jusqu’à l’embouchure
la Rance46 %À Guenroc49,3 km jusqu’à l’embouchure
la Seudre46 %À Corme-Écluse31,1 km jusqu’à l’embouchure
la Touques46 %À Saint-Martin-de-la-Lieue50,7 km jusqu’à l’embouchure
le Jaudy45 %À Mantallot22,9 km jusqu’à l’embouchure
la Sèvre Niortaise44 %À Niort71,1 km jusqu’à l’embouchure
l’Indre41 %À Saint-Cyran-du-Jambot118 km jusqu’à l’embouchure

La Seine est l’exemple le plus parlant : sa station, à Alfortville, est à 376 km de l’embouchure. La Marne, l’Oise et l’Eure la rejoignent plus bas. Sur chaque fiche, un encadré signale les affluents qui arrivent après la station de référence.

Des périodes différentes

14 stations de référence sont aujourd’hui fermées : leur série s’arrête à une date ancienne, mais c’est la plus en aval qui remplit les conditions. Voici les huit séries qui s’arrêtent le plus tôt.

Cours d’eauAnnées retenuesStation
le Tarn1923–1945Aux Barthes
l’Agout1946–1968À Saint-Jean-de-Rives
la Garonne1914–1987Au Mas-d’Agenais
la Sèvre Niortaise1969–1989À Niort
le Cher1966–1998À Savonnières
le Lot1973–1999À Villeneuve-sur-Lot
la Vilaine1934–2000À Guipry
le Tech1967–2001À Reynès

Comparer le Tarn, mesuré entre 1923 et 1945, à un cours d’eau mesuré entre 1998 et 2025 revient à comparer deux époques. Les fiches et le comparateur indiquent toujours les années retenues.

Quand l’amont mesure plus que l’aval

En principe, le débit augmente de l’amont vers l’aval, puisque chaque affluent ajoute son eau. Deux cours d’eau de l’atlas font exception. Sur la Durance, des stations situées plus en amont enregistrent un module plus élevé que la station de référence de Meyrargues (29,1 m³/s) : jusqu’à 162 m³/s à Saint-Paul-lès-Durance. Sur l’Aude, la station du viaduc de Moussoulens affiche 46,3 m³/s contre 31,2 m³/s à l’écluse.

La méthode de l’atlas le rappelle : barrages, dérivations et prélèvements peuvent modifier le régime naturel, et les débits sont publiés tels qu’ils sont mesurés, sans correction. Les fiches concernées le signalent.

Lire la courbe des saisons

Sur chaque fiche, le graphique des débits mensuels montre trois choses. La ligne bleue est la médiane de chaque mois. La bande bleu pâle couvre « 8 années sur 10 » : entre le 10e et le 90e centile des débits de ce mois. La ligne pointillée est le module.

Pour la Seine à Alfortville, la médiane de février est de 371 m³/s et celle d’août de 92,9 m³/s. Le plus fort débit mensuel de la série date de février 2018 (860 m³/s), le plus faible d’août 2022 (55,7 m³/s). Un mois qui sort de la bande est un mois inhabituel pour la saison.

Le débit spécifique pour comparer

Pour comparer des cours d’eau de tailles différentes, l’atlas calcule aussi le débit spécifique : le module divisé par la surface du bassin versant en amont de la station, en litres par seconde et par km². Il mesure l’eau que fournit chaque km² et met sur le même plan un torrent de montagne et une rivière de plaine. Il n’est calculé que lorsque Hub’Eau publie la surface du bassin, ce qui exclut 2 stations, dont celle du Rhône à Arles.

Le comparateur affiche le module, la station, sa distance à l’embouchure, les années et le débit spécifique de deux cours d’eau côte à côte. Le guide Longueur et débit montre ce que ces chiffres changent au classement.

Sources

  • Hub’Eau, API Hydrométrie (débits moyens mensuels, données de la Plate-forme HYDRO Centrale) — Licence Ouverte Etalab.
  • BD TOPAGE® 2025, couche CoursEau (IGN, OFB), diffusion Sandre — Licence Ouverte 2.0.
  • Calculs (longueurs, rangs, médianes, rapports) : Atlas des rivières, à partir de ces données. Méthode.